« L’espace abstrait du peintre et l’espace infini du cosmos partagent la même exigence : celle de la structure et de la lumière.

Bien avant que mon travail ne se concentre sur l’épuration géométrique et la dynamique des équilibres optiques, le Space Art a été mon premier terrain de recherche plastique. Il s’agissait alors de donner une présence visuelle à ce que l’œil humain ne peut appréhender que par l’esprit : la courbure d’un horizon planétaire, la vibration d’une magnitude stellaire, le silence des géométries célestes.
À travers une diversité de représentations — des études de corps célestes aux compositions prospectives —, cette exploration n’était pas une quête d’imitation, mais une fascination pour les lois invisibles qui régissent l’univers. Peindre le cosmos, c’était déjà chercher la matrice : comment une sphère interagit avec la lumière, comment une trajectoire devient une ligne de force, comment le vide donne son sens à la matière.
Ces images passées ne sont pas en rupture avec ma création actuelle ; elles en constituent la mémoire sensible. Le regard qui scrutait autrefois les profondeurs du ciel est le même qui, aujourd’hui, organise la rigueur des formes et fait vibrer la couleur. Seul le langage a changé : du récit cosmologique, je suis naturellement passé à l’essence même de sa structure. »
