Du rythme visuel à la géométrie pure
Le parcours d’un artiste plasticien tient à un fil conducteur qui traverse le temps. Pour Isselbern, ce fil est une quête constante d’ordre, de structure et de clarté visuelle — une étude approfondie de la manière dont les formes, la lumière et le rythme organisent notre perception.
1. L’observation, la ligne et le rythme (Années 1970)
Tout commence dans les années soixante-dix par le dessin sur le terrain. Les premières recherches plastiques, menées au crayon ou à la gouache d’après nature, cherchent à extraire les lignes de force des paysages et à comprendre la géométrie sous-jacente du monde visible.
Cette quête de rigueur trouve alors un double ancrage :
- L’apprentissage de la synthèse : À ses débuts dans le graphisme, le travail sur la clarté du trait et l’efficacité des aplats enseigne à Isselbern l’art de l’essentiel et la précision d’agencement.
- Le sens du rythme : En parallèle, une pratique musicale de jazzman semi-professionnel nourrit la perception des structures. La grille harmonique et les cadences du jazz rejoignent la recherche plastique : la composition devient une partition visuelle où s’organisent fréquences, tensions et équilibres.


2. De l’expérimentation numérique à la direction artistique
(Années 1980 – 2010)

L’émergence des outils numériques au début des années 1980 ouvre de nouvelles perspectives conceptuelles. La palette graphique et la modélisation 3D deviennent des laboratoires d’expérimentation privilégiés pour étudier les volumes, manipuler la réfraction de la lumière et simuler la profondeur.
Tout au long d’une carrière menée comme directeur artistique pour des éditeurs de produits multimédia dédiés à l’art et à la culture, puis pour des agences web, le regard d’Isselbern s’affine au contact des technologies visuelles émergentes.
L’espace virtuel sert de laboratoire permanent pour éprouver la réaction de l’œil face aux contrastes, affûter la maîtrise des interfaces et préparer la transition progressive vers l’abstraction optique pure.
3. L’aboutissement : L’Art Optique (Depuis 2020)
C’est en 2020, fort de cette maturité et après cinquante ans de travaux préparatoires, d’études et de modélisations, qu’Isselbern choisit de révéler le fruit abouti de sa démarche.
Aujourd’hui, l’outil informatique permet de tracer ces compositions géométriques avec une netteté et une précision chirurgicale. Matérialisées sous forme de tirages d’art originaux imprimés en éditions limitées, les œuvres concrétisent ce long cheminement : une démarche rigoureuse qui va de l’analyse des formes naturelles et du rythme musical jusqu’à l’épuration de l’art optique contemporain.
« En attribuant aux compositions des noms d’étoiles, chaque œuvre rappelle ce lien étroit entre la rigueur des magnitudes célestes et la précision des structures géométriques. »

« Composition actuelle — Tirage d’art original imprimé »
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Repères & Écrits fondateurs
La démarche plastique d’Isselbern s’inscrit au croisement de la théorie, de la science de la perception et de la recherche esthétique. Elle se nourrit des traités fondamentaux de Léonard de Vinci (Traité de la peinture) et d’Eugène Delacroix (Journal), tout en puisant sa rigueur scientifique dans l’étude de la couleur de Johann Wolfgang von Goethe (Traité des couleurs), Michel-Eugène Chevreul et Josef Albers (L’Interaction des couleurs), jusqu’aux préceptes de Johannes Itten (L’Art de la couleur).
Cette quête de structure s’enrichit des visions modernistes et constructivistes de Fernand Léger (L’Art moderne), Paul Klee (Théorie de l’art moderne), Vassily Kandinsky (Point et ligne sur plan / Du spirituel dans l’art), Tristan Klingsor (La Peinture), Carl Gustav Carus (Écrits sur l’art) et s’accomplit dans la cinétique pure du Manifeste jaune de Victor Vasarely.