Dans cette série de peintures, la couleur agit comme une énergie capable de modifier immédiatement la perception de l’espace. Certaines œuvres paraissent lumineuses de l’intérieur, d’autres semblent créer des profondeurs mouvantes ou des vibrations proches d’un phénomène optique.
Des tableaux comme Alioth, Deneb ou Mintaka montrent comment les rapports chromatiques construisent la surface.



Les couleurs ne remplissent pas simplement les formes : elles organisent des tensions, déplacent le regard et créent des zones de densité variable.
Cette attention portée aux interactions colorées prolonge certaines recherches de Josef Albers, pour qui une couleur change toujours selon celle qui l’accompagne. Un bleu paraît plus froid au contact d’un orange, une zone lumineuse devient plus intense au voisinage d’une tonalité sombre.
Dans Alphar ou Etamin, les contrastes complémentaires produisent des vibrations très sensibles. L’œil passe continuellement d’une zone à l’autre, comme attiré par un mouvement intérieur de la surface.


Certaines compositions rappellent également les recherches chromatiques de Sonia Delaunay sur le rythme et la couleur.
La perception reste toujours instable. Une forme semble avancer puis se dissoudre dans le fond ; un réseau géométrique paraît respirer selon la distance d’observation. Cette mobilité perceptive transforme le tableau en expérience visuelle plutôt qu’en image fixe.
La couleur devient alors une manière de construire l’espace et de rendre visibles des phénomènes proches de la lumière, de la vibration ou des rythmes naturels.